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Dans ce texte pionnier publié en 1926, Piero Martinetti, soutient que les animaux, de l’insecte aux « mammifères supérieurs », possèdent tous sans exception une intelligence et une conscience. L’éthique ne peut donc se limiter à la régulation des relations entre les hommes, mais doit s’étendre à la recherche du bien-être et du bonheur de toutes les formes de vie qui, comme l’homme, sont capables de ressentir la joie et la douleur, et d’inventer l’aménagement de la part du monde qui leur revient.Martinetti est loin de s’en tenir à la thèse devenue classique de la souffrance animale et, comme chez Kant, des devoirs qu’elle nous impose au titre de notre propre humanité. Dans la fidélité à ce que l’on pourrait appeler chez lui une « religion de la raison », il s’étonne notamment du scandale moral que représente l’indifférence des grandes religions occidentales à la souffrance infligée par les hommes aux animaux : ces êtres doués d’une forme d’intelligence et de raison nous sont proches et nous pouvons déchiffrer en eux l’unité profonde qui nous lie à eux. Pour Martinetti, on ne peut exclure la possibilité qu’à l’avenir, l’humanité découvre « un règne spirituel plus vaste que le règne humain » et qu’elle étende « à tous les êtres vivants ces sentiments de charité et de justice qu’elle considère aujourd’hui comme réservés aux hommes ».
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